CASTELLA

 

 

Né à St Priest, Henri Castella (1924 – 2017) fait d’abord des études à l’école d’horticulture de Limonest, il en  sort diplômé et est embauché chez un grainier rue d’Algérie à Lyon.Il entre ensuite à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de LYON en 1943, et obtient son diplôme en 1946. Il reçoit le prix de l’U.M.A.M. à NICE en 1954.

En compagnie de Henri Lachièze-Rey et de Georges Adilon avec lequel il se lie d’amitié, il séjourne à la Villa Zoé résidence d’artiste à Nice de 1954 à 1955. Première collaboration avec une galerie, la galerie DROUANT-DAVID à PARIS de 1954 à 1956. Dès 1964 sa peinture s’oriente vers l’abstraction, influence du peintre Bissière En 1966, il rencontre le peintre Serge POLIAKOFF à MENTON. La Fondation POLLOCK-KRASNER de NEW-YORK lui attribue une bourse d’un an, en 1995.

Croix-roussien d’adoption, Henri Castella demeurera, toute sa vie, attaché à Lyon. Son atelier, ancien atelier de canut, regorgeait d’œuvres. Tous les jours, il peignait, assemblait les châssis et organisait sa vie en fonction de son œuvre.

 

« Jusqu’au bout de sa vie, il aura peint ; 70 années de peinture ! Des papiers de 120 cm – parfois une douzaine dans la journée – qu’il stockait méticuleusement, en piles rangées, sur lesquelles il lui arrivait de dormir tant sa vie était frugale, quasi ascétique. Henri les laissait infuser dans sa mémoire pour, un jour de manne financière, les ressortir, les assembler, puis les maroufler à la colle de peau sur des toiles sans cadre. Sans titre, sinon des chiffres et des lettres imprimés soigneusement derrière, en haut à gauche, pour indiquer le jour, le mois, l’année de fabrication, voire le nombre de toiles livrées et délivrées au quotidien : J23B93, par exemple, pour 2e tableau (B), peint le 23 juin 1993. Ces peintures, il les peignait directement au sol et non pas à la verticale, pour que son kraft absorbe mieux sa “cuisine” fluide (acrylique, pigments et secrets alchimiques). Ses toiles, vivantes, vibrantes et mystérieuses en imposent et s’imposent. » L’homme pouvait virer de chez lui des galeristes, collectionneurs et autres ne lui convenant pas. Sa peinture flamboyante ne raconte pas de petites histoires. Elle exprime un besoin, une urgence, l’engagement de toute une vie, une action, un passage »

 

EXPOSITIONS PERSONNELLES

1957   Hôtel de La Poste de DOUVAINE (Haute Savoie)

1958   Granges de Servette CHENS sur LEMAN (Haute Savoie)

1960- 1961 Galerie Bellecour à LYON (Rhône)

1968   Prieuré de CHAMPDIEU (Loire)

1971   Couvent Sainte Elisabeth à CALUIRE (Rhône)

1972   Atelier d’Adilon à BRINDAS (Rhône)

1975   Ecole Nationale des Beaux-Arts à LYON (Rhône)

1981   Maison pour la Santé à LYON (Rhône)

1983   Club-House F.C.L. du stade H. COCHET à CALUIRE (Rhône)

1988   Laboratoires BOIRON à SAINTE-FOY-LES-LYON (Rhône)

1989   Atelier de Sophie PAPAZIAN à LYON (Rhône)

           Fort du Bruissin à FRANCHEVILLE (Rhône)

1990   Galerie C.R.A.N.E. à VILLEFRANCHE (Rhône)

1993   Local « EFFECTIFS de PROFIL » à LYON (Rhône)

1996   « BLANC et NOIR » dans son atelier, 35 rue d’Ivry, LYON (Rhône)

1997    Fondation d’Entreprise HEWLETT-PACKARD, VILLEFONTAINE (Isère)

1998    Espace d’Arts Plastiques – Maison du Peuple à VENISSIEUX (Rhône)

2000    Galerie A.M.G. à Paris

2002    Guillaubey-Castella, à l’atelier de Guillaubey Lyon (Rhône)

2003 -2005   Galerie Gaudet-Blavignac, Genève

2009    Festival d’Art Contemporain festival Berlioz La Côte st André (Isère)

2012    Exposition « Entre hier et aujourd’hui » Le Polaris Corbas (Rhône)

2017    Exposition hommage Fondation Renaud Vaise (Rhône)

            Exposition Galerie Mathieu, Lyon (Rhône)

2020    Exposition rétrospective Henri Castella Le Polaris Corbas (Rhône)

 

PARTICIPE A DIVERS SALONS

1954   Salon du Sud-Est à LYON (Rhône)

1955   Biennale de MENTON (Alpes- Maritimes)

1959   Première Biennale Internationale de PARIS (Seine)

1962   Salon d’Automne à PARIS (Seine)

1962   Salon de la Jeune Peinture à PARIS (Seine)

1978-79 Salon de la Création Artistique de BOURG-EN-BRESSE (Ain)

1985   Salon des Réalités nouvelles à PARIS (Seine)

 

PARTICIPE A DES EXPOSITIONS DE GROUPE

1957    Musée du VIEIL-YVOIRE (Savoie)

1959    Galerie VERRIERE à ANNECY (Savoie)

1969    Galerie MONTMORENCY à PARIS (Seine)

1960    Fête du centenaire du rattachement de NICE à la FRANCE

1961    Galerie SAINT-GEORGES à LYON (Rhône)

1962    Musée FRAGONARD à GRASSE (Alpes-Maritimes)

1962    Casino d’AIX-LES-BAINS (Savoie)

1964    Palais de la Méditerranée à NICE (Alpes-Marimimes)

1969    Centre Culturel de CHELLES (Oise)

1975   Galerie à L’HOMME D’ARMES (Drôme)

1976   Ecole Centrale d’ECULLY (Rhône)

1986   Ecuries Saint Hugues à CLUNY (Saône et Loire)

1990   Atelier GUILLAUBEY à CALUIRE (Rhône)

1991   Exposition GUILLAUBEY – CASTELLA au Centre des Pénitents à MONTBRISON (Loire)

1997   Exposition « Art’lfice » au Chateau de Rochepleine à SAINT-EGREVE (Isère)

1998   Exposition « Variations 98 » au Chateau de Rochepleine à SAINT-EGREVE (Isère)

1998 « Malgré tout -la pittura » TURIN (Italie)

1998 « Malgré tout -la pittura » Maison des Arts – EVIAN (Haute-Savoie)

2000 – Exposition à la galerie A.M.G. – CASTELLA – MILLION – PARIS (Seine)

2016 « La ville autrement » Fondation Renaud Vaise

 

REALISATIONS :

1962 Signal aluminium pour l’hôpital neurologique de Lyon (Rhône)

1962 Grilles, chemin de croix, tabernacle pour l’église Saint Jean des Etats Unis Lyon (Rhône)

1972 Vitrail polyester pour la chapelle du couvent St Elizabeth Caluire (Rhône)

1972 Mosaïque sur le mur du centre commercial de Vaulx en Velin

1976 Sculpture en bois monochrome, immeuble Garibaldi Lyon (Rhône)

1979 Peintures, écoles maternelles Ste Foy les Lyon

1984 Peinture, lycée Jean Moulin, Lyon

1988 Peinture, Laboratoire Boiron, St Etienne (Loire)

 

COLLECTIONS PUBLIQUES :

Fonds national d’art contemporain

Conseil départemental du Rhône

Musée Paul Dini, Villefranche sur Saône

 

Œuvre exposée au musée :

 

AT4/98

 

 

 Hommage à Henri Castella
  1924 – 2017
 
Henri Castella est au même titre que Jacques Truphémus ou Max Schoendorff une grande figure de la scène picturale lyonnaise. 
Né en 1924, Henri Castella est resté toute sa vie attaché à sa ville d’adoption, Lyon, et plus particulièrement au quartier de la Croix Rousse. C’est là qu’il vécut jusqu’à son décès en avril 2017 à l’âge de 93 ans. Dans son atelier/appartement baigné de lumière s’accumule l’œuvre d’une vie, méticuleusement rangée, classée, ordonnée. 
Homme ascétique, vivant frugalement au milieu de ses œuvres, Henri Castella aura dédié son existence à son travail mais aussi à ceux qui l’entourait, famille, amis, homme d’une grande fidélité et d’une rare générosité. 
 
Présent dans de nombreuses collections à travers le monde, Castella est resté sa vie durant un artiste discret mais prolifique, connu des artistes lyonnais et des collectionneurs avertis. L’exposition présentée par la galerie Mathieu parachève l’hommage d’une ville à son artiste et vient clôturer la dernière exposition que Henri Castella avait lui-même supervisé avec l’aide de Geneviève Mathieu.
 
Peintre/cuisinier, qualifiant sa matière de « cuisine » et ses œuvres de « navets », il livre au travers de ses œuvres un esprit tourmenté, tortueux, où la formation classique des Beaux-Arts s’efface au cours des années pour laisser place à un répertoire de lignes, de formes venant s’enchevêtrer sur une trame de couleurs. Si la ligne semble essentielle dans son œuvre, elle vient cependant se subordonner à la couleur, car c’est cela aussi cela la peinture de Henri Castella, à la première impression tourmentée fait suite une luminosité sous jacente incarnée par des tons vifs ou modulés, tranchant ou estompés qui viennent apporter un vibrant optimisme dans sa peinture.
 
Artiste méticuleux, son travail s’échelonnait de la réalisation du châssis jusqu’à l’encadrement, et ce tous les jours de la semaine. Travaillant sur papier à même le sol, ils les marouflaient ensuite sur de grandes toiles pouvant atteindre 220 cm de hauteur. Cette méticulosité dans le travail semble contraster avec sa démarche de peintre, en effet Henri Catella était un homme d’instinct, se laissant guider durant l’élaboration de sa toile dont souvent le résultat variait de la conception initiale. 
Œuvres sans titre, dont seuls des chiffres et des lettres à l’envers du tableau indique à la fois le jour, le mois, l’année et le sens de la toile, les œuvres de Castella ne nécessitent pas de longs discours. Abstraites et éloquentes elles laissent libre cours à qui sait les regarder de leur attribuer un titre.